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Ecole de Santé des Armées

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Nicole Girard-Mangin

Mise à jour :08/03/2018
 

Nicole Girard-Mangin est la seule femme médecin à avoir servi à la fois au front et à l’arrière durant la Première Guerre mondiale. Mobilisée par erreur en 1914, elle occulte sa condition féminine et se porte volontaire pour exercer à Verdun. Soldée comme une infirmière malgré son diplôme de médecine, elle s’illustrera par son courage et son dévouement et luttera pour exercer et être reconnu à sa juste valeur.

Docteur en médecine en 1909, elle est à la tête du dispensaire antituberculeux de l’hôpital Beaujon à Paris lorsque la guerre éclate. Elle se porte volontaire sous le nom de Docteur Girard-Mangin. L'administration ne doute pas qu’elle est un homme. Elle est affectée à l’hôpital de Bourdonne-les-Bains où elle cherche toujours plus de tâches pour se rendre utile, confectionne les attelles et réalise des stérilisations dans un four de boulanger. Durant l’hiver 1914-1915, elle est mobilisée à Verdun. Se voyant refuser l’accès aux salles de soin, elle est affectée dans les baraquements bombardés au service des typhiques. Le 21 février 1916, l’hôpital croule sous les bombes et doit être évacué.

 Nicole Girard-Mangin ne peut se résoudre à abandonner les neuf blessés qu'elle a en charge. Elle évacue les non transportables sous la mitraille, au volant d’une ambulance jour et nuit. Elle est blessée au visage. Envoyée dans la partie nord du front après la dissolution de sa formation, elle est encore mal reçue mais proteste et réclame d’être assimilée ou renvoyée dans ses foyers.

En octobre, elle est enfin nommée médecin-major et se voit confier l’hôpital de formation des infirmières Edith Cavell à Paris. Deux mois plus tard. L’administration pensait s’en débarrasser en l’affectant dans un hôpital tranquille, elle vécut sous les bombardements et les sarcasmes, en se donnant corps et âme à ses blessés au cœur de la plus grande bataille de la Grande Guerre. Jamais, elle ne reçut ni citation, ni décoration.La guerre finit, elle devient responsable de la formation des infirmières mais continue de rendre visite aux malades et travaille encore en chirurgie. Atteinte d’un cancer incurable à 41 ans, elle est retrouvée morte d'une overdose médicamenteuse, le 6 juin 1919. En l’absence de règlement concernant son uniforme, Nicole Girard-Mangin portait une tenue associant une jupe longue et une vareuse sans galons avec, au col, les insignes du service de santé complétée par un tricorne ou une caquette dont elle dira : « je dois à ma casquette d’avoir gardé une coiffure correcte, même en dormant sur des brancards ; d’avoir tenu des heures sur un siège étroit sans gêner le conducteur. Je dois à mes multiples poches d’avoir toujours possédé les objets de première nécessité, un couteau, un gobelet, un peigne, de la ficelle, un briquet, une lampe électrique, du sucre et du chocolat. Enfin, je dois à mes caducées et mes brisques le prestige qu’il m’a fallu parfois, auprès des ignorants et des sots. »

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